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Synopsis "Le bonheur est dans le prĂ©, cours-y vite, cours-y vite, le bonheur est dans le prĂ©, cours-y vite il va filer." C'est ce que s'empresse de faire le hĂ©ros du film d'Étienne Chatiliez aprĂšs avoir Lebonheur est dans le prĂ©. 15 likes. ComĂ©die de 1995 d'Étienne CHATILIEZ ScĂ©nario et dialogues de Florence QUENTIN avec Michel SERRAULT, Carmen MAURA, Eddy MITCHELL, Sabine Azema, François Morel, Al’occasion du Salon de l’agriculture parisien, Karine Le Marchand a rĂ©uni les anciens candidats de « L’Amour est dans le prĂ© », lundi 28 fĂ©vrier 2022. L’occasion de rĂ©aliser deux Basede donnĂ©es de films français avec images. Tapez un nom d'acteur, un titre de film, de sĂ©rie, (complet ou partiel) Le bonheur est dans le prĂ©. Étienne Chatiliez - 1995. Partager cette page sur Facebook : Achetez "Le bonheur est dans le prĂ©" sur Amazon. ou sur acheter sur ebay En cas de non disponibilitĂ© me contacter. SylvieJouve. Gite et chambre d'hĂŽtes, Le bonheur est dans le prĂ©. 58 likes. Notre gite Ă  la ferme vous accueil toute l'annĂ©e. Entre Aubrac, Margeride, Mont du Cantal, de nombreuses dĂ©couvertes et Site De Rencontre Gratuit En PolynĂ©sie Française. Films U À propos de Le Bonheur est dans le prĂ© “Le bonheur est dans le prĂ©, cours-y vite, cours-y vite, le bonheur est dans le prĂ©, cours-y vite il va filer.” C’est ce que s’empresse de faire le hĂ©ros du film aprĂšs avoir Ă©chappĂ© Ă  la mort, aux employĂ©es de son usine de matĂ©riel pour et Ă  ses emmerdeuses de femme et fille. OĂč pouvez-vous regarder Le Bonheur est dans le prĂ© en ligne ? Films suggĂ©rĂ©s En 1995, la quatriĂšme confĂ©rence mondiale sur les femmes se dĂ©roulait Ă  Beijing en Chine. Lors de cette confĂ©rence, plusieurs thĂšmes furent abordĂ©s, parmi lesquels la question des violences faites aux femmes. Une dĂ©claration et un programme d’action recoupant les rĂ©solutions adoptĂ©es au cours de la confĂ©rence de Beijing furent prĂ©sentĂ©s aux Nations-Unies sous forme de recommandations[1], avec dans chacun des domaines critiques considĂ©rĂ©s, des objectifs stratĂ©giques et des mesures concrĂštes pour les atteindre. L’introduction du point concernant la violence Ă  l’égard des femmes » dans la dĂ©claration de Beijing indiquait que celle-ci constitue une violation des droits fondamentaux et des libertĂ©s fondamentales des femmes et empĂȘche partiellement ou totalement celles-ci de jouir de ces droits et libertĂ©s »[2]. Mais, cette conception de la violence, semble-t-il, devait Ă©chapper Ă  l’entendement de quelques-uns. Un an plus tard, lors de la cĂ©rĂ©monie des CĂ©sars, Le bonheur est dans le prĂ© », film rĂ©alisĂ© par Étienne Chatiliez en 1995, Ă©tait nominĂ© six fois, remportant le CĂ©sar du meilleur acteur dans un second rĂŽle par l’acteur Eddy Mitchell. Cette Ɠuvre cinĂ©matographique », inspirĂ©e d’un poĂšme de Paul Fort intitulĂ© Le bonheur », peut briĂšvement ĂȘtre rĂ©sumĂ© ainsi Chef d’entreprise Ă  Dole, dans le Jura, Francis Bergeade n’a pas une vie rĂ©jouissante tourmentĂ© par les employĂ©es de son usine de siĂšges de toilettes qui menacent de faire grĂšve rĂ©guliĂšrement, harcelĂ© par les impĂŽts et par son Ă©pouse et par sa fille qui ne songent qu’à faire des dĂ©penses inconsidĂ©rĂ©es, il n’a comme joie dans la vie que les moments passĂ©s au restaurant Le bon laboureur » avec son meilleur ami, GĂ©rard, le concessionnaire automobile de Dole. Ce dernier l’appelle affectueusement Lapin ». Les tracas s’accumulent tant qu’il finit par en faire un malaise. HospitalisĂ©, c’est pendant sa convalescence que se produit l’imprĂ©visible une fermiĂšre et ses deux filles, venues de Condom, dans le Gers participent Ă  une Ă©mission de tĂ©lĂ©vision pour retrouver leur mari et pĂšre, un certain Michel Thivart, disparu 26 ans plus tĂŽt
 Or, Michel Thivart est le sosie parfait de Francis ! Alors, est-ce lui ou n’est-ce pas lui ?[3] » CatĂ©gorisĂ© comme comĂ©die, ce film totalise, en plus de ses six nominations aux cĂ©sars, 4 931 227 d’entrĂ©es[4], ce qui le place en troisiĂšme position des films français au box office de l’annĂ©e 1995. Il est Ă©galement notĂ© d’un 6,8 sur 10, sur l’Internet movie database Imdb[5]. RĂ©actionnaire sur plein d’aspects, ce film use des stĂ©rĂ©otypes les plus Ă©culĂ©s de ce type de rhĂ©torique, allant du dĂ©nigrement des Ă©vĂ©nements de mai 68 Ă  l’exaspĂ©ration de ne voir que des grĂšves Ă  la tĂ©lĂ© ». Également trĂšs fourni en stĂ©rĂ©otypes de classe et sur un fond imprĂ©gnĂ© de racisme, c’est gĂ©nĂ©ralement par le biais des personnages fĂ©minins que ceux-ci sont mis en avant, quelques exceptions notables pouvant nĂ©anmoins ĂȘtre relevĂ©es, par exemple l’Afrique avec un grand A, ça ne s’explique pas, ça se rĂȘve », le chien Bamboula », seul ĂȘtre fidĂšle et comprĂ©hensif de la famille, etc. En regard Ă  d’autres films sexistes, la force de celui-ci relĂšve avant tout de sa cohĂ©rente et complĂšte misogynie. Mise en exergue dans la quasi totalitĂ© des dialogues, elle en est Ă©galement l’élĂ©ment moral central, faisant de nĂ©cessitĂ© vertu, notamment et surtout dans le concept de la quĂȘte du bonheur ». Bonheur des uns, il va sans dire, au dĂ©triment des autrEs qui par un procĂ©dĂ© fallacieux sont prĂ©sentĂ©es comme y trouvant leur compte. Du dĂ©but Ă  la fin, sans que le ton s’essouffle en cours de route, le spectateur se voit offrir un vĂ©ritable rĂ©quisitoire contre les femmes en gĂ©nĂ©ral et contre tout ce qui relĂšve du fĂ©minin en particulier. La mise en scĂšne des rapports sociaux de sexes, rĂ©vĂšle une conception trĂšs conservatrice des rapports sociaux hommes/femmes, le scĂ©nario et les dialogues s’inscrivant dans une lignĂ©e particuliĂšrement anti-fĂ©ministe avec une orientation masculiniste[6] probante. L’anti-fĂ©minisme du film sert de pastiche de fond, les femmes Ă©tant l’élĂ©ment repoussoir par excellence dont la prĂ©sence est tolĂ©rable et souhaitable, si elles sont cantonnĂ©es Ă  la sphĂšre domestique.[7] Femmes, retournez en cuisine faire la popote pendant qu’on discute grosse voiture entre mecs 
 
et qu’on trinque tandis que vous vous adonner Ă  des passes-temps stimulants comme le nettoyage de nos fringues. En revanche, le masculinisme se dĂ©ploie comme fil rouge de la maniĂšre suivante. Le contexte de dĂ©part prĂ©sente un univers social chaotique, les femmes occupant des places indues, oppriment les hommes par ce biais, entravant un Ă©quilibre que l’on imagine alors dĂ©finitivement rompu. Les hommes, prĂ©sentĂ©s en groupe opprimĂ©, semblent avoir perdu majoritairement leurs prĂ©rogatives passĂ©es. La trame du film consistera pour le groupe dominant en une mobilisation de reconquĂȘte de ses prĂ©rogatives par la recherche du bonheur. Cette initiation virile est d’abord une question d’honneur voire de survie puisqu’ils sont persĂ©cutĂ©s, mais Ă©galement un souci presque philanthropique de rĂ©tablir un ordre social juste » juste pour eux. Le groupe des femmes construit de bout en bout comme une menace nĂ©faste dirigĂ©e Ă  leur encontre, ouvre la possibilitĂ© pour ces derniers d’user de moyens explicitement oppressifs allant jusqu’à l’éloge de la violence, prĂ©sentĂ©e alors comme lĂ©gitime. Les oppresseurs devenus opprimĂ©s peuvent ainsi dĂ©ployer sans complexe une rĂ©pression massive, cohĂ©rente, assumĂ©e et revendiquĂ©e. En inversant les rĂŽles, la dĂ©fense de leur groupe se pose comme nĂ©cessaire et justifie l’humiliation des personnages fĂ©minins, l’affirmation de l’autoritĂ© des hommes sur les femmes, par un paternalisme rĂ©current et par le recours Ă  diffĂ©rents types de violences, qu’elles soient physiques, sexuelles ou verbales. L’apprentissage de la virilitĂ© s’effectue sur une portĂ©e aux nues de l’homo-sociabilitĂ©, articulĂ©e avec le rejet, la haine et le mĂ©pris des femmes, bien que celles-ci soient prĂ©sentes, mais assignĂ©es Ă  n’ĂȘtre que des pourvoyeuses de services sexuels et domestiques. L’hĂ©tĂ©rosexisme et l’homophobie sont Ă©galement constituantes de cette homo-sociabilitĂ© masculine. Que ce soit clair on est pas des fiottes
 
 on se sert juste les coudes entre potes face Ă  ce ramassis de gonzesses qui nous pourrissent la vie ! Un film en deux temps tu seras un homme mon pote ! » L’initiation virile s’installe crescendo, deux parties pouvant ĂȘtre distinguĂ©es. Elle se joue entre les deux personnages principaux, GĂ©rard incarnĂ© par Eddy Mitchell qui reprĂ©sente l’homme viril et dominant, et Francis incarnĂ© par Michel Serrault, reprĂ©sentant, lui, l’homme Ă©masculĂ© et dominĂ©. L’usage de l’antagonisme des personnages de Francis et GĂ©rard constitue un aspect incontournable dans l’apprentissage de Francis et dans sa reconquĂȘte du masculin. Par le biais de registres tel que l’amitiĂ© virile fondĂ©e sur le rejet du fĂ©minin, Francis va rĂ©ussir Ă  s’émanciper du joug de la femme », dont le spectateur comprend vite qu’il s’agit d’un tout monolithique nĂ©faste. L’aboutissement du film Ă©tant sa rĂ©demption matĂ©rielle et symbolique et l’accĂšs au bonheur dans un monde oĂč chacun-e a retrouvĂ© sa place », la fin justifiant les moyens pour y parvenir. Le premiĂšre partie du film prĂ©sente les dĂ©boires successifs encourus par Francis, patron d’une entreprise d’accessoires pour WC Ă©tabli dans le Jura. Il ne sait pas faire valoir son autoritĂ©, ni au travail auprĂšs de ses ouvriĂšres en grĂšve, ni dans sa vie de famille constituĂ©e par sa femme, Nicole, et sa fille, caricaturĂ©es en harpies vĂ©nales. Francis est prĂ©sentĂ© comme un homme brimĂ©, incompris, humiliĂ©, malheureux et bafouĂ©. Il est passif, sa voix est aiguĂ«. Il n’a pas de self-contrĂŽle, cĂ©dant vite Ă  l’hystĂ©rie et s’exposant ainsi Ă  la dĂ©convenue. Contrairement Ă  son ami, il n’a pas de vie sexuelle. En somme, c »est l’antithĂšse de GĂ©rard qui est calme, sĂ»r de lui, charismatique. DotĂ© d’une voix grave, c’est un bon vivant, hĂ©doniste, dragueur, il entretient des relations sexuelles avec toutes les femmes qui croisent sa route, de l’infirmiĂšre Louison-qui-a-des-gros-nichons » Ă  la vendeuse de chaussures, en passant par la femme de Francis. MalgrĂ© cela, les deux protagonistes partagent une forte relation homosociale faite de bonnes bouffes au resto, de bons moments de drague bien lourde, et de dĂ©testation du genre fĂ©minin. Cette haine des femmes, dans la premiĂšre partie du film, se traduit principalement par des discussions axĂ©es sur des constats misogynes. Leurs Ă©changes sur le sujet servent de prĂ©texte Ă  la dĂ©nonciation de ce qui est donnĂ© Ă  voir comme une succession d’abus perpĂ©trĂ©s par les femmes. C’est la partie thĂ©orique » de l’initiation. Francis bien que conscient de ces abus en question, ne sait pas y faire face comme un homme, Ă©tat de fait que GĂ©rard s’évertue Ă  lui rappeler, en vain. Francis, victime des femmes et de son propre manque d’autoritĂ©, est poussĂ© Ă  bout et fait un malaise. Il se retrouve hospitalisĂ©. Suite Ă  cela, Francis effectue des prises de conscience plus concrĂštes sur sa situation, aprĂšs tout, son malaise sonne comme un avertissement c’est sa propre vie qui est en danger. La deuxiĂšme partie du film voit Ă©merger une appropriation pratique par Francis de sa propre virilitĂ©. Ainsi, il va expĂ©rimenter les privilĂšges lĂ©gitimes et nĂ©cessaires Ă  tout homme qui se respecte. Cette appropriation du champ viril est montrĂ© aux spectateurs comme incontournable tant pour lui que plus largement pour toute la sociĂ©tĂ©. Toujours cadrĂ© par son ami GĂ©rard, mec accompli qui en a » et qui assume, celui-ci continue de lui servir de guide, d’exemple et de soutien. Francis mis sous pression par sa femme, sa fille et ses ouvriĂšres craque et part dans le Gers retrouver DolorĂšs et ses filles. C’est lĂ  que peu Ă  peu, il va redĂ©couvrir le bonheur, notamment grĂące aux soins bienveillants et Ă  la dĂ©votion servile de DolorĂšs. Francis redevient un homme et trouve mĂȘme la force et le courage de rentrer dans le Jura pour sauver l’entreprise que Nicole est incapable de gĂ©rer. En l’absence de Francis, son pote GĂ©rard va entamer avec elle une relation pĂ©dagogique. Il lui apprendra Ă  bien se tenir en la remettant Ă  sa place. Les deux couples ainsi reformĂ©s Ă  la fin, nous montre un happy end, avec les deux hommes contemplant la campagne en sirotant un verre de vin et en arriĂšre plan DolorĂšs qui explique Ă  Nicole de quelle maniĂšre laver les habits trĂšs sales de GĂ©rard. Le rĂ©tablissement normatif de liens sociaux idĂ©ologiquement conservateurs, encadrĂ© par une vision ultra-patriarcale est prĂ©sentĂ© comme nĂ©cessaire et salvatrice pour toutes-s. La morale Ă©tant que si la sociĂ©tĂ© va mal c’est parce que les femmes ne sont plus Ă  leur place et que cela a engendrĂ© des perturbations, au sein de l’institution de la famille, dans les relation entre les hommes, etc. La virilitĂ© est montrĂ©e sous diffĂ©rents angles qui permettent aux spectateurs de la cerner sans qu’elle ne soit concrĂštement dĂ©finie puisqu’elle se fonde sur des reprĂ©sentations Ă  l’Ɠuvre. L’usage binaire et manichĂ©en du fĂ©minin et du masculin, Ă©taye cette vision orientĂ©e du monde social selon ce point de vue. Tout ce qui relĂšve du fĂ©minin est constituĂ© en figure repoussoir. Dans cette dĂ©monstration, le duo Francis/GĂ©rard illustre bien la dichotomie entre les deux pĂŽles. Si la vie de Francis va mal, ce n’est dans le fond pas tant Ă  cause des femmes, mais parce que lui-mĂȘme se comporte sans faire valoir ses compĂ©tences d’homme auprĂšs de ces femmes. L’histoire se devant d’ĂȘtre Ă©crite par et pour des hommes, c’est donc de sa faute Ă  lui si les Ă©vĂ©nements se passent mal. D’ailleurs GĂ©rard le lui signifie Ă  plusieurs reprises, soit sous forme de plaisanteries narquoises, soit sur le ton d’injonction du type Fous-y une bonne trempe », soit encore sous forme de reproches tel que VoilĂ , tout ça c’est de ta faute, si tu lui avais mis une bonne torgniole de temps en temps, on en serait pas lĂ  ». GĂ©rard, sĂ»r de ses attributs de virilitĂ©, incarnation masculine par excellence, appelle Francis lapin ». Ce diminutif affectueux et gentiment ironique, voire paternaliste selon les situations, fait partie d’un registre d’humour que GĂ©rard peut sans risque explorer puisque rien ni personne ne pourrait mettre en doute sa masculinitĂ©. Francis, personnage dĂ©jĂ  largement fĂ©minisĂ© rĂ©agit plusieurs fois Ă  cette appellation en exprimant son mĂ©contentement, notamment en lui disant arrĂȘte de me tripoter comme une gonzesse, j’ai horreur de ça ». La proximitĂ© que les deux compĂšres partagent a nĂ©anmoins ses limites. Lorsque Francis, dĂ©sespĂ©rĂ©, le prend dans ses bras sur son lieu de travail, GĂ©rard exaspĂ©rĂ© s’exclame – Et voilĂ , maintenant ils vont croire qu’on est pĂ©dĂ©s ! -Excuse-moi. », rĂ©pond Francis. Ce rappelle Ă  l’ordre montre que leur complicitĂ© doit rester dans un cadre explicitement et ostensiblement hĂ©tĂ©rosexuel. Et voilĂ , maintenant ils vont croire qu’on est pĂ©dĂ©s !!! 
 Et quand mĂȘme pĂ©dĂ© », pour un vrai mec sĂ©vĂšrement burnĂ© comme moi c’est un peu la loose ! L’acquisition du bonheur viril passe aussi par des petites choses toutes simples. Aussi le film nous gratifie de merveilleuses scĂšnes oĂč l’on voit l’homme qui pisse heureux et libre, pĂ©nis au vent dans la campagne, ou encore l’homme qui rote en se caressant la panse, bien repu qu’il est, aprĂšs s’ĂȘtre goinfrĂ© du repas prĂ©parĂ© et servi par les femmes. Étant entendu que ces petites satisfactions de la vie sont bien sĂ»r rĂ©servĂ©es exclusivement aux hommes, il suffit d’imaginer l’effet des ces mĂȘmes scĂšnes avec les hĂ©roĂŻnes du film pour s’en convaincre. Du reste, lorsque Nicole se permet de ronfler pendant sa sieste, le spectateur est tenu de comprendre qu’elle est ridicule et de ressentir de la gratitude envers GĂ©rard qui l’interrompt d’un coup de poing sur la table en criant OH, EH, C’est un opĂ©ra ou quoi ? ». Aaah, le plaisir des choses simples
 rĂ©servĂ© aux hommes, cela va sans dire! Les personnages fĂ©minins, une vision trĂšs nuancĂ©e salopes », connes », connasses », grosses pĂ©tasses », truies », chienne », gueuses », pute », bĂ©casse », menteuses », bonnes femmes » et autre folle » Ce florilĂšge de qualificatifs, dans les dialogues et dans les interpellations faites aux personnages fĂ©minins, est systĂ©matique et sans appel. A tel point que le script dĂ©passe la dualitĂ© rĂ©ductrice classiques des figures emblĂ©matiques de la mĂšre » et de la putain ». Les hĂ©ros nous donnent Ă  voir qu’il n’y a que des putains ». A l’adage toutes des putes sauf ma mĂšre », le film dĂ©montre que les femmes sont toutes des putes et les mĂšres aussi. Ce regard portĂ© par les personnages masculins sur les femmes est intĂ©ressant dans ce qu’il donne Ă  voir de leurs reprĂ©sentations et plus globalement, sur le caractĂšre normatif de cette dĂ©signation. L’attribution d’une insulte dont on comprend qu’elle constitue l’apogĂ©e de l’infamie Ă  leurs yeux, permet de rĂ©inscrire le groupe des femmes en Ă©tat de subordination. Dans un ouvrage[8] particuliĂšrement Ă©clairant sur cette question, l’auteure Gail Pheterson prĂ©sente les concepts de prostitution » et prostituĂ©e » comme Ă©tant des instruments sexistes de contrĂŽle social
 ». Elle montre aussi que si l’une des fonctions politiques de l’usage de ce stigmate est une division entre les femmes considĂ©rĂ©es comme honorables et celles qui ne sont pas considĂ©rĂ©es comme tel », celui-ci Ă©tant aussi un moyen d’attaque tout prĂȘt, le stigmate de la putain peut ĂȘtre utilisĂ© contre n’importe quelle individue ou groupe de femme qui suit ou bien conteste le modĂšle du bon droit des hommes 
 ». Cette fonction politique de l’usage de ce stigmate se dĂ©ploie dans le film de bout en bout. Non seulement ramenĂ©e Ă  leur Ă©tat essentialisĂ© d’ĂȘtres subordonnĂ©s se devant d’ĂȘtre contrĂŽlĂ©s, le groupe des femmes est aussi dĂ©pouillĂ© de son humanitĂ©. Explicitement traitĂ©es comme des objets tout au long du scĂ©nario, elles le sont Ă©galement de maniĂšre emblĂ©matique au niveau grammatical, l’usage de pronoms habituellement attribuĂ©s Ă  des objets tel que ça » ou fous-y », renforçant un peu plus l’idĂ©e que nous n’avons pas vraiment affaire Ă  des personnes, mais Ă  des choses. Dans la mĂȘme optique, les femmes du film sont, Ă  plusieurs reprises, interpellĂ©es directement mais Ă  la troisiĂšme personne du singulier. GĂ©rard parlant Ă  Louison lui dit sur un ton miĂšvre et directif Oh, mais elle va pas nous faire sa mĂ©chante, elle va trinquer avec nous, hein !». Dans le registre de l’usage du fĂ©minin comme figure repoussoir, les personnages des producteurs de l’émission de tĂ©lĂ©, en parlant de Francis disent elle se dĂ©fendait bien l’animale ». L’usage du nom commun animal » au fĂ©minin se caractĂ©rise par la raretĂ© de son emploi. Parler de Francis en usant du pronom elle » pour parler d’une animale montre l’emphase recherchĂ©e pour le fĂ©miniser dans le but de le rabaisser. Le renvoi du fĂ©minin Ă  la nature est aussi caractĂ©ristique de la nĂ©gation de l’accĂšs des femmes Ă  l’humanitĂ©, la culture Ă©tant une prĂ©rogative de l’homme » lui confĂ©rant son statut d’ĂȘtre humain Ă  part entiĂšre. Hormis les insultes Ă  caractĂšre sexiste et putophobe assumĂ©, la chosification des femmes, les euphĂ©mismes, onomatopĂ©es, rĂąles et grognements, ainsi que les expressions insultantes conjuguĂ©es Ă  des postures et des mimiques non-verbales, sont Ă©galement constitutives des dialogues/Ă©changes du film. Il faudrait sans doute un livre entier pour passer tous les dĂ©tails en revue, tant cette production cinĂ©matographique est imprĂ©gnĂ©e de misogynie. A tel point, que les scĂšnes qui en sont dĂ©pourvues peuvent se compter sur les doigts d’une main, et probablement celle de Django Reinhardt. Nicole, incarnĂ©e par Sabine AzĂ©ma, est le rĂŽle principal fĂ©minin. C’est une bourgeoise antipathique et autoritaire uniquement prĂ©occupĂ©e par son bien-ĂȘtre matĂ©riel et par les apparences qu’elle donne, le rĂ©sumĂ© du film[9] la prĂ©sente d’ailleurs comme une emmerdeuse notoire ». Caricature hystĂ©rique, elle use de la manipulation et ment comme d’autres respirent. Nicole est la cible principale des insultes dispensĂ©es par Francis et surtout par GĂ©rard. Durant les quatre premiĂšres minutes du film, elle et sa fille sont conjointement traitĂ©es de deux connes », et de deux grosses pĂ©tasses » qui ne peuvent pas bouger leur cul ». La seule scĂšne oĂč Francis se rangera Ă  l’avis de Nicole en rĂ©torquant Ă  son ami Nicole a raison tu es vulgaire », celui-ci lui objectera Nicole, je lui pisse Ă  la raie ». Mais les deux compĂšres se rĂ©concilieront, concluant que c’est la premiĂšre fois qu’ils se disputent, Ă©tant entendu que c’est de la faute de Nicole, irrĂ©ductible fauteuse de trouble. DolorĂšs, rĂŽle jouĂ© par Carmen Maura et second personnage fĂ©minin, est une figure emblĂ©matique d’abnĂ©gation et l’incarnation des bonheurs simples ». Elle est tout d’abord prĂ©sentĂ©e comme une femme trĂšs vertueuse. A la disparition de son mari, dont on apprend qu’il s’agissait d’un malfrat violent, elle a Ă©levĂ© seule ses deux filles. Bien que soulagĂ©e de la disparition de celui-ci, puisqu’il la traitait mal, sa dĂ©votion maternelle la pousse Ă  accepter la demande faite par ses filles de retrouver leur pĂšre. L’importance d’une bonne image paternelle Ă©tant sans doute crucial pour le dĂ©veloppement des enfants, DolorĂšs n’a jamais Ă©voquĂ© ce point avec ses filles qui sont persuadĂ©es que c’était un homme bien. DolorĂšs est toujours souriante, elle est humble et discrĂšte, elle n’a aucune exigence ni attente pour elle mĂȘme et elle est complĂštement dĂ©vouĂ©e Ă  son entourage, particuliĂšrement aux hommes et Ă  ses enfants. Elle est aussi trĂšs intuitive, et trĂšs empathique. C’est un maĂźtresse de maison serviable, compĂ©tente. Elle va mĂȘme participer Ă  l’éducation de Nicole en lui transmettant son savoir sur le nettoyage des vĂȘtements, sur la cuisine, etc. Mais comme toutes les femmes elle ment. Ainsi, GĂ©rard qui dans un premier temps demandait perplexe Ă  Francis OĂč il a trouvĂ© une perle pareille ? », s’exclamera plus loin dans le film quand on apprend toutes les subtilitĂ©s autour du mari de DolorĂšs, – Ah les bonnes femmes ! Oh la pute, ah t’as le chic tout de mĂȘme !». DolorĂšs et ses filles sont aussi traitĂ©es ironiquement et dĂ©daigneusement de gueuses » par GĂ©rard, lorsqu’il dĂ©couvre qu’elles travaillent de maniĂšre autonomes comme agricultrices et Ă©leveuses de canards, gĂ©rant elles-mĂȘmes une entreprise familiale de foie gras. Que cela soit dans la famille ou Ă  l’usine, les femmes ont pris le pouvoir, et cela bien qu’elles soient prĂ©sentĂ©es comme des demeurĂ©es. Les ouvriĂšres n’échappent pas Ă  la rĂšgle, Ă©galement lors des quatre premiĂšres minutes du scĂ©nario, on apprend qu’elles sont des salopes » dĂ©chaĂźnĂ©es, et une bande de connasses ». DĂšs le dĂ©but du film, elles sont en grĂšve, bien qu’elles n’aient pas de revendication explicite propre. Lorsque Francis s’exclame Elles sont dĂ©chaĂźnĂ©es ces salopes », GĂ©rard lui explique Elles regardent trop la tĂ©lĂ©, on voit que des grĂšves Ă  la tĂ©lĂ© ». Donc pas de revendication nommĂ©e, sauf quand Nicole et sa fille reprennent la direction de l’entreprise, lĂ , les ouvriĂšres se trouvent un registre de protestation les patronnes ». Et leur revendication devient le retour du patron », donnant mĂȘme naissance Ă  une banderole, histoire de crĂ©dibiliser leur lutte, sur laquelle on peut lire les patronnes sont des connes ». Les patronnes sont des connes ». Mais pas de souci camaradEs, tout s’arrangera avec le retour du patron! De la vraie prose syndicale ! Et une fois de plus c’est aux femmes que l’on fait dire tout le bien qu’elles pensent de la domination masculine, porteuse supposĂ©e d’une autoritĂ© juste et bonne. Yasmina, seule ouvriĂšre dont on connaĂźt le nom, est aussi la seule ouvriĂšre racisĂ©e. Caricature de la mauvaise fille, elle fume, regarde les gens mĂ©chamment, parle comme une racaille», etc. Elle est prĂ©sentĂ©e comme celle dont il faut se mĂ©fier car c’est la pire, en plus », en plus de quoi, on ne le saura pas. On sait par contre qu’elle est maquĂ©e avec un dĂ©lĂ©guĂ© CGT qui lui donne des cours du soir ». Contrairement Ă  ses collĂšgues, Yasmina ne fait pas grĂšve Ă  cause de la tĂ©lĂ©, mais parce qu’elle entretient des relations sexuelles avec un homme qui lui a un engagement syndical et qui lui est français, dĂ©tail connu du spectateur puisque Francis s’empresse de connaĂźtre sa nationalitĂ©. L’idĂ©e que les femmes font comme Ă  la tĂ©lĂ© et que leur monde intellectuel tourne autour du petit Ă©cran, incapables de prendre la moindre distance, est rĂ©currente. Elle est notamment mise en scĂšne lors de la diffusion de l’émission incriminant Francis. Visiblement toutes les femmes du Jura sont scotchĂ©es derriĂšre leur Ă©cran, et de surcroĂźt, elles forcent les hommes Ă  regarder l’émission avec elles. Yasmina, oblige son dĂ©lĂ©guĂ© syndical Ă  stopper leurs Ă©bats pour regarder, une mĂšre semi-aveugle force son fils Ă  regarder avec elle, une ouvriĂšre incarnĂ©e par Yolande Moreau frappe son fils pendant l’heure du repas car il fait du bruit et qu’elle ne peut pas voir l’émission tranquille. Bien entendu Nicole et sa fille la regarde aussi, prĂ©occupĂ©es, elles, par leur rĂ©putation. Lorsque les producteurs de l’émission viennent Ă  l’usine nĂ©gocier avec Francis son passage dans l’émission, les ouvriĂšres s’agglutinent en mode groupies autour d’eux pour obtenir un autographe. Sauf Yasmina, vĂ©ritable opportuniste qui a oubliĂ© d’ĂȘtre con celle-lĂ  », comme GĂ©rard nous l’apprend plus tard. En effet, aprĂšs avoir snobĂ© les producteurs ainsi que ses propres collĂšgues, on apprend qu’elle a larguĂ© son syndicaliste et qu’elle s’est maquĂ©e avec l’un d’eux, pour partir Ă  Paris. Mais Yasmina a beau ĂȘtre une sĂ©ductrice et jouer les dures Ă  cuire, le spectateur se rend vite compte que dans le fond, elle est aussi niaise que les autres femmes, notamment lorsqu’elle se met Ă  sangloter de maniĂšre pathĂ©tique devant son Ă©cran de tĂ©lĂ©, donnant l’occasion Ă  son amant de l’insulter – T’es conne ou quoi ? Tu vas pas tomber dans cette sensiblerie bon marchĂ© ? Merde !». De maniĂšre gĂ©nĂ©rale, les personnages fĂ©minins sont dĂ©pourvus de subjectivitĂ©, leurs discours n’existent que pour abonder dans le sens des hommes, et toujours pour parler d’eux. En cas d’exceptions, si elles essaient d’exposer leurs griefs et d’argumenter, leurs tentatives sont sĂ©vĂšrement interrompues, et de nouveau, les dialogues leur font reconnaĂźtre le bien fondĂ© des sanctions et des rappels Ă  l’ordre. Tout le film Ă©tant construit selon le point de vue des hommes avec pour but de les rendre lĂ©gitimes, le point de vue des femmes n’est donnĂ© que pour corroborer le discours de ceux-ci. Les trĂšs rares objections Ă©mises par les femmes sont tournĂ©es au ridicule, dĂ©nigrĂ©es, rĂ©primĂ©es par le recours Ă  des propos injurieux ainsi que le mise en application de comportements violents. Dans tous les cas, cela aboutit au consentement des femmes elles-mĂȘmes, qui approuvent les hommes. En plusieurs occasions, elles vont mĂȘme jusqu’à remercier leurs bourreaux pour la maltraitance qu’elles subissent, dont on nous fait comprendre le bĂ©nĂ©fice qu’elles en retirent. Chacun sa place, et les canards seront bien gardĂ©s Les mĂ©canismes de rĂ©assignation des femmes Ă  leur statut d’ĂȘtres subordonnĂ©s aux hommes sont mis en scĂšne de maniĂšre caricaturale et approuvĂ©s par ces derniĂšres. Lorsque Nicole apprend que Francis accepte de rĂ©pondre Ă  l’émission de tĂ©lĂ©vision, elle et sa fille sont en cure de thalassothĂ©rapie. LĂ , elle fait une crise d’hystĂ©rie, allant jusqu’à frapper son lit de maniĂšre simiesque, Ă  tel point qu’elle doit se faire calmer par une douche froide. Celle-ci est dispensĂ©e par un employĂ© du lieu, Ă  l’aide de son gros jet, sous les yeux Ă©bahis de sa fille. L’employĂ© explique Ă  cette derniĂšre – C’est rien, c’est le stress qui s’évacue, ça la dĂ©gage ». Pour rĂ©sumer certes, elle crie, mais en fait ça lui fait du bien. Comme l’illustre la capture d’écran ci-dessous, la posture de l’employĂ©, l’expression de son visage, l’orientation du jet sont trĂšs suggestives, Ă©voquant une image Ă  caractĂšre pornographique. C’est rien, c’est le stress qui s’évacue, ça la dĂ©gage »  Rien de tel qu’un bon gros jet 
 Cette scĂšne est aussi hallucinante qu’improbable. Quel Ă©tablissement admettrait qu’un employĂ© se permette d’infliger un pareil traitement Ă  ses clientEs, particuliĂšrement lorsqu’il s’agit d’une clientĂšle nantie comme Nicole et sa fille ? HumiliĂ©e par l’idĂ©e que son mari ait dĂ©jĂ  une supposĂ©e famille et que toute la France le sache, Nicole accuse Francis de bigamie acceptant de retirer sa plainte si celui-ci accepte de lui cĂ©der tous ses biens, soit l’usine et la maison. Celui-ci obtempĂšre et part dans le Gers. S’amorce alors la deuxiĂšme partie du film, et l’on apprend que Nicole incapable de gĂ©rer l’usine, a donnĂ© rendez-vous Ă  GĂ©rard au restaurant, dans le but d’obtenir des informations sur Francis d’une maniĂšre sournoise. GĂ©rard, Ă  qui on ne la fait pas, dĂ©code tout de suite ce manĂšge et va lui faire passer le goĂ»t de manipuler les hommes. Alors que Nicole est attablĂ©e, seule et l’air perdue dans le restaurant, GĂ©rard qui vient de rĂ©ajuster sa cravate, la surprend virilement par derriĂšre en lui plaquant une bise sur la joue. Nicole essayant d’expliquer sa demande se prend dans la figure qu’elle a sorti le grand jeu » sur un ton dĂ©nigrant, rĂ©fĂ©rence faite probablement Ă  son dĂ©colletĂ© et ses bijoux. GĂ©rard prend d’entrĂ©e de jeu la conduite de la conversation et dĂšs lors c’est Nicole qui sera tenue de rĂ©pondre, bien que l’initiative du rendez-vous soit la sienne. Durant cette scĂšne elle est humiliĂ©e et ridiculisĂ©e par plusieurs procĂ©dĂ©s. Tout d’abord son interlocuteur ne l’écoute pas, il l’interrompt systĂ©matiquement, faisant les rĂ©ponses a sa place avec beaucoup de dĂ©dain. Elle est infantilisĂ©e du dĂ©but Ă  la fin. GĂ©rard va jusqu’à refuser la commande qu’elle fait au serveur en la traitant de grossiĂšre » et en commandant Ă  sa place sans la consulter. Il lui coupe la parole pour lui intimer de manger avant que cela soit froid. Cette infantilisation vis-Ă -vis de la nourriture se retrouve plus loin dans le film. Nicole qui reprend de la viande en cours du repas est interpellĂ©e par Francis sur un ton mĂ©prisant – Tu bouffes de la viande toi maintenant ? ». Et c’est GĂ©rard qui rĂ©pond Ă  sa place Elle mange de tout maintenant ». L’intĂ©ressĂ©e est renvoyĂ©e Ă  un statut d’objet de discussion qui se dĂ©roule dĂšs lors entre les deux hommes. Au restaurant, elle pleure Ă  chaque fois qu’elle essaie d’argumenter sa position en se faisant couper la parole et en essuyant des remarques du style ArrĂȘte de chialer comme un veau
 !». Pendant qu’elle essuie ses larmes, le serveur, de connivence avec GĂ©rard, lui demande en souriant – Alors ça vous a plu Nicole ? » Elle – C’était exquis». Le spectateur aura remarquĂ©. Elle est aussi tenue de se justifier sans pouvoir finir ses phrases. Elle est insultĂ©e, notamment avec le terme de truie », car avec sa fille, elles n’ont pas invitĂ© Francis au mariage de cette derniĂšre. Pourtant, son mari dĂ©nigrait ce mariage depuis le dĂ©but du film manifestant ouvertement l’ennui profond que celui-ci lui inspirait. De plus le fait qu’il soit parti dans le Gers n’y change rien, GĂ©rard ne l’entend pas ainsi, il fallait l’inviter malgrĂ© tout. Vient alors la rĂ©vĂ©lation que GĂ©rard lui soutire grĂące Ă  une tirade joliment formulĂ©e, aprĂšs avoir donnĂ© fermement du poing sur la table – Ça suffit ! Ma belle, pendant des annĂ©es Ă  chaque fois tu me regardais avec l’air de dire que ma bite elle a un goĂ»t, et maintenant tu t’habilles comme un sapin de NoĂ«l pour avoir des nouvelles. Mais ça marche pas alors trouve autre chose ! » Peu de place est laissĂ©e Ă  l’imagination pour anticiper ce que Nicole devra faire si elle persiste Ă  vouloir obtenir du soutien. Mais avant cela, elle passe aux aveux. Elle explique que l’entreprise va trĂšs mal et que par consĂ©quent elle rĂ©clame de l’aide masculine, Ă©tant Ă©vident que deux femmes ne pouvaient aucunement ĂȘtre capables d’assumer de telles responsabilitĂ©s. En sortant du restaurant GĂ©rard la traĂźne par la main, refusant qu’elle aille Ă  sa voiture, lui expliquant qu’elle la rĂ©cupĂ©rera le lendemain. Puis le scĂ©nario inflige Ă  Nicole et aux spectateurs une scĂšne de coĂŻt pĂ©dagogique, dont on comprendra plus tard toutes les vertus Ă©ducatives que cela offre aux femmes. 
 L’heure de la saillie de King-Kong ? Non, non, en fait c’est elle qui adore se faire tirer comme une chienne » Il faut tendre l’oreille pour discerner parmi les rĂąles et grognements du mĂąle en rut – T’adore te faire tirer comme une chienne !». Nicole qui s’est vue imposer de monter dans la voiture de GĂ©rard, qui subit une levrette dans l’espace contigu de celle-ci, n’a pourtant pas l’air de manifester un plaisir quel qu’il soit. Cette scĂšne s’inscrit dans le prolongement de celle de la douche au jet, renforçant l’idĂ©e que le fait de violenter les femmes est une bonne chose, Ă  commencer pour elles-mĂȘmes, que ça les soulagent et qu’au fond, elles adorent ça. Les deux scĂšnes qui suivent nous montrent premiĂšrement Nicole rentrant chez elle, dĂ©braillĂ©e et Ă©puisĂ©e s’écroulant sur son lit, puis GĂ©rard au volant de sa voiture chantonnant un air de de rock, heureux, soulagĂ© et content de lui. Retour d’une sympathique soirĂ©e passĂ©e en compagnie 
 
 du sosie de l’oncle Leslie Kalkon » film Braindead », de Peter Jackson ! La disparitĂ© entre les rĂ©actions des deux personnages est chargĂ©e de beaucoup de stĂ©rĂ©otypes sexistes, mais le plus dĂ©rangeant est la violence sous-jacente qui est donnĂ©e Ă  voir. Tout d’abord, le consentement Ă  l’acte sexuel de Nicole porte Ă  caution. Tout l’échange au restaurant montre que GĂ©rard est en position de force. Il peut obtenir ce qu’il veut, du choix de ce qu’elle va manger au moyen de transport qu’elle va utiliser. En rentrant chez elle, bien qu’elle dise Ă  sa fille que le rendez-vous s’est bien, passĂ©, je crois qu’il va nous aider », montrant que le point d’intĂ©rĂȘt central de Nicole et de sa fille est d’obtenir l’aide de GĂ©rard. Parce qu’en tant que femmes elles ne sont pas capables de s’en sortir sans hommes, notamment dans les affaires, et qu’en tant que femmes elles sont prĂȘtes Ă  tout pour avoir ce qu’elles souhaitent, Ă  mentir, Ă  manipuler, et Ă  fournir des services sexuels humiliants[10]. La mise en scĂšne de son retour chez elle, la montre comme extĂ©nuĂ©e moralement et physiquement. Le rapport sexuel qu’elle a subi explicite bien son rĂŽle complĂštement passif durant celui-ci, mais cette mise en scĂšne vient renforcer l’idĂ©e d’un exploit masculin. Bien que n’ayant rien fait d’autre que d’utiliser son corps Ă  des fins de satisfactions personnelles, les prouesses d’un mĂąle sont susceptibles d’extĂ©nuer les femmes par leur prĂ©tendue puissance ». C’est une maniĂšre d’euphĂ©miser le fait que GĂ©rard l’a bien baisĂ©e », d’une part il s’est soulagĂ©, et d’autre part il l’a remise Ă  sa place. D’ailleurs, la scĂšne qui suit le montre guilleret au volant de sa voiture. On observe qu’il est bien loin d’éprouver de la fatigue, alors qu’il Ă©tait complĂštement actif pendant le coĂŻt. La comparaison entre les deux scĂšnes, montre aussi qu’elle est dans une inexorable immobilitĂ©, rĂ©ductible Ă  ses possibilitĂ©s d’action, c’est Ă  dire l’attente d’une action masculine. Lui est dans le mouvement, dispose de son corps et de celui des femmes. Il suit son propre chemin, prĂȘt pour de nouvelles aventures. La nĂ©gociation de sa sexualitĂ© contre une protection est renouvelĂ©e plus loin dans le film. N’arrivant pas Ă  joindre GĂ©rard au sujet de Francis, elle va le voir Ă  son garage. Il lui apprend que s’il ne lui rĂ©pond pas c’est parce que ça l’emmerde », et que ce n’est pas parce qu’ils se sont secouĂ©s dans la bagnole que ça doit changer quelque chose ». Nicole lui explique qu’elle ne vient pas pour ça, ce que l’on comprend aisĂ©ment, mais pour savoir si Francis compte revenir. GĂ©rard se moque d’elle en lui expliquant que non. Puis, changeant soudainement d’avis sur ses intentions envers elle, il lui propose d’un ton mielleux alors, on se voit ce soir ? ». Ainsi dĂ©marre entre eux une relation. GĂ©rard, qui ne cesse de l’humilier, de lui donner des ordres, de l’insulter, va la ramener dans le droit chemin par ces procĂ©dĂ©s. Lorsqu’il est interrogĂ© par Francis sur les changements positifs dans le comportement de Nicole, GĂ©rard lui rĂ©pond Elle a beaucoup progressĂ©, mais y’a encore du boulot. Euh, il faut dire que pendant ton absence j’ai 
 il mime de maniĂšre suggestive l’acte sexuel, 
 et ça lui a bien dĂ©gagĂ© les Ă©coutilles ! ». Francis qui n’y trouve aucun inconvĂ©nient, n’y voit d’ailleurs que des avantages ». Le spectateur comprendra aisĂ©ment, puisque lors des scĂšnes prĂ©cĂ©dentes, Nicole qui sort de la cuisine avec une claque sur les fesses administrĂ©e par GĂ©rard, arrive, visiblement heureuse de cette attention, dans le salon avec deux verres de vin Ă  la main. GĂ©rard qui la suit de prĂȘt, lui ordonne - EH, OH, faut pas rester lĂ  Ă  bailler aux corneilles ! Va surveiller la fricassĂ©e, pendant que je me bois tranquillement un petit godet avec mon pote ! – Je vous laisse, je vous laisse », rĂ©pond Nicole confuse et s’exĂ©cutant docilement. Sur les mĂȘmes injonctions, elle obtempĂ©rera plus loin dans le film au service du cafĂ© et au va me faire couler un bain ». L’éducation masculine a portĂ© ses fruits elle est devenue une brave femme et en plus elle est heureuse de sa nouvelle condition. L’assignation Ă  des rĂŽles genrĂ©s passe aussi dans le scĂ©nario par le recours Ă  la naturalisation de ceux-ci. Les mĂ©canismes de rĂ©assignations des femmes s’articulent de maniĂšre Ă©troite avec la quĂȘte du bonheur des protagonistes masculins, un bonheur qui se trouve comme le titre du film l’annonce, dans le prĂ© ». Une opposition se dĂ©marque Ă©galement entre deux concepts, d’un cĂŽtĂ© celui de la ville », illustration de la modernitĂ©, et de l’autre, celui de la campagne » prĂ©sentĂ©e en image d’Épinal. Cette campagne » dotĂ©e d’un lien implicite avec la nature » est aussi chargĂ©e d’une dimension traditionnelle Ă  laquelle il est facile d’associer le patriarcat. Cette habile Ă©quation entre campagne-nature-tradition patriarcale » permet de dĂ©ployer une essentialisation des rapports de pouvoir, pourtant socialement construits, un moyen efficace, s’il en est, de les faire passer pour lĂ©gitimes puisqu’ils se supposent naturels ». Les hommes du film, et surtout Francis, sont les victimes de la modernitĂ© tandis que les femmes en sont aliĂ©nĂ©es. Certes, les hommes, attachĂ©s Ă  la tradition, consomment par exemple des plats du terroir au restaurant le Bon Laboureur », Ă  la fois leur lieu de prĂ©dilection et leur refuge, oĂč ils peuvent ripailler tranquilles en mĂ©disant sur les femmes. Mais ces moments de rĂ©pit sont une bien maigre consolation en comparaison des oppressions auxquelles ils sont confrontĂ©s quotidiennement. La consommation de mets carnĂ©s semble reprĂ©senter un enjeu dans leur rapport au monde, ceux-ci bĂ©nĂ©ficiant d’une forme indĂ©niable de plus-value dans leurs discours. Nicole la grossiĂšre », mĂ©chante citadine va aussi devoir comprendre que c’est mal-Ă©levĂ© de ne pas en manger, et GĂ©rard va lui apprendre Ă  dĂ©laisser l’eau minĂ©rale pour lui prĂ©fĂ©rer la blanquette et le rĂŽti. Dans cette infantilisation des femmes autour de la nourriture, les hommes se rĂ©affirment en pourvoyeur de ressources consommables dĂ»ment assimilables aux espaces extĂ©rieurs, que les femmes cuisinent dans l’enceinte close de la maison, au foyer. En s’exilant Ă  la campagne, les hommes sont plus proches de la vraie vie », ils peuvent se ressourcer et rĂ©instaurer des rapports naturels » avec les femmes. En abandonnant provisoirement les territoires citadins perdus, Francis offre Ă  ses instincts rĂ©primĂ©s de mĂąle la possibilitĂ© de s’exprimer. Fort de cette conquĂȘte symbolique, il peut alors effectuer son come back » viril, auprĂšs de sa femme, de sa fille et de ses ouvriĂšres et reprendre la place qui lui avait Ă©tĂ© indĂ»ment prise. Si le bonheur est dans le prĂ© », c’est bien parce que dans le prĂ©, et donc dans la nature, est inscrite la Vraie Nature des rapports entre les hommes et les femmes le bon vieux patriarcat. Éloge de la violence envers les femmes des bienfaits de la bonne torgniole» Ă  la bonne trempe » C’est un point crucial du film. Il est mĂȘme central dans la rĂ©appropriation du champ viril, en permettant de conjurer la prĂ©sence prĂ©sentĂ©e systĂ©matiquement comme essentiellement dĂ©lĂ©tĂšre des femmes. Étant fourbes, manipulatrices et menteuses, elles doivent ĂȘtre cadrĂ©es. La morale du film montre que lorsque ce cadrage n’a pas lieu, la situation dĂ©gĂ©nĂšre. C’est la leçon que Francis apprend dans son parcours initiatique. Dans la premiĂšre partie du film, GĂ©rard se disputant avec Francis lui dit – 
 tout ça c’est de ta faute, si tu lui avais mis une bonne torgniole de temps en temps, on en serait pas lĂ . – Bah oui je sais, seulement moi je bats pas les femmes. » Mielleux et l’imitant GĂ©rard reprend – Mmmh, je bats pas les femmes. Mais tu leurs fais quoi aux femmes ? », sous-entendant qu’il ne les frappe pas et qu’il ne les baise pas non plus. A ce stade Francis sait que c’est ce qu’il faut faire. Il est dĂ©jĂ  convaincu. C’est uniquement par un principe de l’ordre du politiquement correct qu’il ne les bat pas ». Dans la deuxiĂšme partie, GĂ©rard revient Ă  la charge en lui disant, Ă  propos de l’intrigue entourant la disparition du mari de DolorĂšs – Cuisine-lĂ  un peu. Ah non, c’est pas assez, fous-y une bonne trempe. ». LĂ , Francis ne rĂ©torque rien, il a bien compris la leçon avec Nicole. Il a vu s’opĂ©rer les changements bĂ©nĂ©fiques de celle-ci grĂące aux mĂ©thodes de GĂ©rard. Il s’exĂ©cute donc et gifle DolorĂšs violemment. GrĂące Ă  cela, elle collaborera plus efficacement. Tu vas arrĂȘter de te foutre de ma gueule maintenant !!! » Comme pour tous les autres types de violences, elles sont prĂ©sentĂ©es comme acceptables et utiles, les actrices verbalisant l’approbation qu’elles en ont. Ainsi DolorĂšs remercie Francis car tout cela a permis de crever l’abcĂšs ». Si l’usage de la violence est nĂ©cessaire pour les hommes, on comprend qu’elle l’est aussi pour les femmes, pour les protĂ©ger d’elles-mĂȘmes de leur mauvaise nature ». 
 conclusion Concernant la question de la violence Ă  l’égard des femmes », plusieurs points, extraits des recommandations du programme d’action de la confĂ©rence de Beijing, s’avĂšrent Ă©clairants. Le point 118 souligne le fait que La violence Ă  l’égard des femmes traduit des rapports de force historiques qui ont abouti Ă  la domination des femmes par les hommes et Ă  la discrimination 
. La violence Ă  l’égard des femmes de tous Ăąges dĂ©coule essentiellement de comportements culturels 
. Les images de violences vĂ©hiculĂ©es par les mĂ©dias 
, contribuent Ă  gĂ©nĂ©raliser ces formes de violence et ont un effet dĂ©plorable sur le public en gĂ©nĂ©ral 
. » La mise en scĂšne gĂ©nĂ©rale du film le bonheur est dans le prĂ© » reflĂšte explicitement ces rapports de force et s’inscrit dans la domination du groupe des femmes par le groupe des hommes. De mĂȘme la dimension culturelle de ces prises de pouvoir se dĂ©ploie de bout en bout. Les images de violences matĂ©rielles et symboliques, prĂ©sentĂ©es sous forme de comĂ©die, sans pour autant ĂȘtre du deuxiĂšme degrĂ©, forcent le spectateur Ă  rentrer dans un registre d’humour qui le place inĂ©luctablement dans la posture du dominant avec son regard spĂ©cifique portĂ© sur le monde. Ainsi, il est de grĂ© ou de force contraint d’observer une mise en scĂšne des rapports sociaux selon un point de vue donnĂ©, dont le caractĂšre normatif est Ă©minent. Le point 118, en nommant l’ancrage historique des rapports de force entre le groupe des hommes et celui des femmes, permet de faire un lien avec la dimension contextuelle de la production d’une Ɠuvre artistique. De mĂȘme la mise en scĂšne des rapports entre les hommes et les femmes dans le film n’est pas neutre, elle traduit au contraire une vision orientĂ©e et partie prenante de ceux-ci. Cet extrait met en lumiĂšre, qu’au-delĂ  du contexte prĂ©-existant qui la produit, une Ɠuvre a des effets, l’apologie de la violence en faisant partie. Et au-delĂ  de cette apologie et du regard normatif plĂ©biscitĂ©s par le film, la rĂ©ception gĂ©nĂ©rale de celui-ci est Ă©galement Ă©clairante. En effet, d’une part l’engouement du public, les rĂ©compenses octroyĂ©es par le milieu du cinĂ©ma et donc la reconnaissance par les pairs, et d’autre part le silence gĂ©nĂ©ralisĂ© de la part des critiques quant Ă  la dimension misogyne du film, montrent Ă  quel point la question des violences faites Ă  l’encontre des femmes et la domination masculine sont intĂ©riorisĂ©es et normalisĂ©es dans les reprĂ©sentations sociales. Elles sont invisibilisĂ©es. Ce mĂ©canisme fait partie de la violence symbolique qui amĂšne le groupe dominĂ© Ă  adopter le point de vue des dominants. Ainsi, l’exemple de la quĂȘte du bonheur » d’individus hommes, pourtant assise sur la participation subalterne et nĂ©cessaire des femmes, se constitue en quĂȘte du bonheur » gĂ©nĂ©rique, applicable Ă  l’humanitĂ©. Leur accĂšs au bonheur induit une mise Ă  disposition physique et psychique des femmes sans laquelle celui-ci ne peut ĂȘtre atteint. Cet accĂšs au bonheur, prĂ©sentĂ© comme valable pour l’ĂȘtre humain, renforce la posture du groupe des femmes qui pour y accĂ©der Ă©galement est irrĂ©mĂ©diablement relĂ©guĂ© Ă  son statut de dominĂ©. MoralitĂ© de l’affaire le bonheur de femmes, c’est le bonheur des hommes. Pourtant cette moralitĂ© n’est pas irrĂ©ductible. Des mesures ont Ă©tĂ© proposĂ©es et devraient pouvoir ĂȘtre prises en compte, les points 125 j et 126 b des recommandations soulignant dans cette optique l’importance de Sensibiliser les mĂ©dias Ă  la responsabilitĂ© qu’ils ont de promouvoir des images non stĂ©rĂ©otypĂ©es des hommes et des femmes, ainsi que d’éliminer les prĂ©sentations qui engendre de la violence, et encourager les responsables du contenu des mĂ©dias Ă  Ă©tablir des rĂšgles de dĂ©ontologie et des codes de conduite ; faire comprendre l’importance du rĂŽle qui incombe aux mĂ©dias d’informer, d’éduquer et de stimuler le dĂ©bat public sur les causes et les effets de la violence Ă  l’égard des femmes ». Concevoir des programmes et mettre en place des procĂ©dures visant Ă  Ă©duquer et sensibiliser le public au sujet des actes de violence Ă  l’égard des femmes qui constituent un crime et une violation des droits fondamentaux des femmes ». La notion de l’élimination des prĂ©sentations qui engendrent de la violence » touche Ă  des questions de censure qui dĂ©passent de loin le cadre de la prĂ©sente analyse, et dont la pertinence mĂ©rite d’ĂȘtre dĂ©battue. Il est cependant manifeste que rien du contexte critique ou de diffusion de ce film, ni le film en lui-mĂȘme ne s’inscrivent dans les recommandations ci-dessus, bien au contraire. Pourtant, une telle Ɠuvre donne Ă  voir que la violence faite contre les femmes n’est pas une fatalitĂ© mais procĂšde de rapports de force et reste une production directe des rapports sociaux de sexes. Bien qu’il existe des objectifs et des propositions concrĂštes quant Ă  l’élimination de ces violences, les rĂ©sistances sont puissantes au sein d’une sociĂ©tĂ© traversĂ©e par la domination masculine dans sa dimension systĂ©mique et reflĂštent ces tensions. Car, au final, que reste-t-il d’un film annoncĂ© comme fable bucolique », sinon une vision phallocrate, misogyne, bourgeoise et raciste ? Une production artistique traduisant le regard de l’homme blanc aisĂ© sur un monde qu’il domine, qu’il souhaite garder Ă  son service pour sa seule satisfaction et le maintien de ses privilĂšges. Bravo Francis, te voilĂ  enfin Ă©mancipĂ© de la domination fĂ©minine! Tu vois mon pote, le retour aux sources c’est ça
 la campagne, la nature, et surtout la vrai nature des rapports avec les femmes, dans la bonne vieille tradition patriarcale. Faut quand mĂȘme avouer que quelques taloches c’est pas cher payĂ© ! The Streum Bibliographie Ouvrages Delphy, C. 2001. L’ennemi principal. Tome 1 & 2. Paris Syllepse Pheterson, G. 2001. Le prisme de la prostitution. Paris L’Harmattan Romito, P. 2006. Un silence de mortes. La violence masculine occultĂ©e. Paris Syllepse Tabet, P. 2004. La grande arnaque. SexualitĂ©s des femmes et Ă©change Ă©conomico-sexuel. Paris L’Harmattan Ouvrage collectif Collectif Stop masculinisme ». 2012. Contre le masculinisme. Petit guide d’autodĂ©fense intellectuelle. Documents Ă©lectroniques Annexe Jaquette du DVD avec le rĂ©sumĂ© du film [7] Sur l’analyse du travail domestique comme base matĂ©rielle de l’oppression des femmes, voir Christine Delphy, L’ennemi Principal », 2001, tome 1 et 2 aux Ă©ditions Syllepse. [8] Gail Pheterson, Le Prisme de la prostitution », 2001, [9] Cf. la jaquette du DVD en annexe. [10] Sur la question des Ă©changes Ă©conomico-sexuels entre hommes et femmes, voir Paola Tabet La grande arnaque », 2004. Autres articles en lien Qu’est-ce que le bonheur ? Je m’en rĂ©fĂšrerai tout d’abord Ă  la dĂ©finition qu’en donne le LittrĂ© »[2] BONHEUR [bo-neur ; MĂ©nage remarque que dans les provinces on prononçait bonhur ; ce qu'il condamne ; cette prononciation existe encore dans les provinces du Midi ; elle est tout Ă  fait Ă  rejeter] s. m. 1° ÉvĂ©nement heureux ; chance favorable. ♩ Il a eu le bonheur que l'Ăąge ne l'a point minĂ© lentement et ne lui a point fait une longue et languissante vieillesse, FONTEN., Lahire. ♩ Le bonheur peut conduire Ă  la grandeur suprĂȘme, CORN., Cinna, II, 1 ♩ Puisqu'il tient Ă  bonheur d'ĂȘtre l'un de nous deux, CORN., Rod. IV, 1 ♩ J'ai craint un ennemi, mon bonheur me le livre, CORN., HĂ©racl. IV, 4 SuccĂšs. Le bonheur des armes françaises. Dans ce sens il s'emploie aussi au pluriel. ♩ Il lui pourrait arriver tous les malheurs et tous les bonheurs du monde, VAUGELAS, Remarques. ♩ Depuis un certain temps il lui est arrivĂ© des bonheurs de toutes sortes, TH. CORN., Remarques. ♩ Il est toujours Ă©gal au milieu de tous les malheurs et de tous les bonheurs du monde, CHIFFLET, Grammaire, p. 35 ♩ De combien de petits bonheurs l'homme du monde n'est-il pas entourĂ© !, MARIVAUX, dans LAVEAUX Porter bonheur, annoncer, procurer bonne chance. ♩ J'avais fait venir M. Bailli pour me porter bonheur, SÉV., 531 Avoir du bonheur, ĂȘtre favorisĂ© par le hasard. Jouer avec bonheur, ĂȘtre en bonheur, avoir la chance au jeu ; et figurĂ©ment, jouer de bonheur, rĂ©ussir contre toute espĂ©rance. FamiliĂšrement. Au petit bonheur ! Arrive ce qu'il pourra ! Par bonheur, par bonne chance. ♩ Un voyageur Qui s'Ă©tait muni par bonheur Contre les mauvais temps...., LA FONT., Fabl. VI, 3 De bonheur, se dit dans le mĂȘme sens. ♩ De bonheur pour elle, ces gens partirent presque aussitĂŽt, LA FONT., PsychĂ©, II, p. 118 2° État heureux, Ă©tat de pleine satisfaction et de jouissance. Le comble du bonheur. Il n'est pas de plus grand bonheur. AprĂšs avoir joui d'un bonheur constant. La vertu fait le bonheur. ♩ Le bonheur des mĂ©chants comme un torrent s'Ă©coule, RAC., Athal. II, 7 ♩ Je faisais le bonheur d'un hĂ©ros tel que vous, RAC., Mithr. IV, 4 ♩ .... Le sort, qui toujours change, Ne vous a pas promis un bonheur sans mĂ©lange, RAC., Iph. I, 1 ♩ Le bonheur a cela de la mer et du flux Qu'il doit diminuer sitĂŽt qu'il ne croĂźt plus, MAIRET, Sophon. IV, 1 ♩ Dieux puissants qui veillez au bonheur de la terre, BRÉBEUF, Phars. VII ♩ Le roi qui fait le bonheur de tant de peuples, FÉN., TĂ©l. II ♩ Je ferai votre bonheur, pourvu que vous sachiez en jouir, FÉN., TĂ©l. I ♩ PrĂšs du bonheur extrĂȘme est l'extrĂȘme infortune, M. J. CHÉ., Oedipe roi, V, 4 ♩ Dans le cours de nos ans, Ă©troit et court passage, Si le bonheur qu'on cherche est le prix du vrai sage, Qui pourra me donner ce trĂ©sor prĂ©cieux ?, VOLT., 2e Discours. ♩ Mais quel bonheur honteux, cruel, empoisonnĂ©...., VOLT., Orphel. III, 4 ♩ Que sont ces biens peu sĂ»rs, prĂšs des plaisirs du coeur ? Tout l'univers vaut-il un instant de bonheur ?, GILBERT, Didon Ă  ÉnĂ©e. ♩ Le vois-tu bien, lĂ -bas, lĂ -bas, LĂ -bas, lĂ -bas ? dit l'espĂ©rance ; Bourgeois, manants, rois et prĂ©lats Lui font de loin la rĂ©vĂ©rence ; C'est le bonheur, dit l'espĂ©rance, BÉRANG., Bonheur. ♩ Car Dieu mit ces degrĂ©s aux fortunes humaines ; Les uns vont tout courbĂ©s sous le fardeau des peines ; Au banquet du bonheur bien peu sont conviĂ©s, V. HUGO, F. d'automne, 32 Le bonheur Ă©ternel, la fĂ©licitĂ© des Ă©lus. 3° Le bonheur de, avec un infinitif, c'est-Ă -dire la satisfaction intime, le bonheur. Il a eu le bonheur de conserver longtemps sa mĂšre. ♩ Toutes deux d'une si heureuse constitution, qu'elles semblaient nous promettre le bonheur de les conserver un siĂšcle entier, BOSSUET, Marie-ThĂ©r. ♩ Le bonheur de lui plaire est le seul oĂč j'aspire, RAC., Brit. III, 8 Avoir le bonheur de, formule de civilitĂ©. Depuis que j'ai eu le bonheur de vous voir. 4° Bonheur du jour, sorte de petit meuble oĂč l'on serre les papiers et les petits objets auxquels on tient. ♩ Parfois cependant il range Ă  sa maniĂšre ; ce matin, par exemple, il a ouvert le bonheur du jour, et vidĂ© les tiroirs, Mme REYBAUD, dans Rev. des deux mondes, 1er juillet 1859, p. 14 SYNONYME 1. BONHEUR, FÉLICITÉ, BÉATITUDE. Bonheur veut dire proprement bonne chance, et, par consĂ©quent, il exprime l'ensemble des circonstances, des conditions favorables qui font que nous sommes bien. Il a donc un caractĂšre extĂ©rieur, objectif, qui en fait la nuance avec fĂ©licitĂ©. La fĂ©licitĂ© n'est point liĂ©e Ă  ces conditions du dehors ; elle est plus propre Ă  l'Ăąme mĂȘme ; aussi on ne dira pas la fĂ©licitĂ© que les richesses procurent ; mais on dira le bonheur qu'elles procurent. La bĂ©atitude, qui est du style mystique, est la fĂ©licitĂ© destinĂ©e, dans une autre vie, Ă  ceux qui auront pratiquĂ© la vertu dans celle-ci. 2. BONHEUR, CHANCE., Ce qui distingue ces deux mots, c'est que chance est tout Ă  fait indĂ©terminĂ©, et que bonheur ne l'est pas. Le bonheur est la bonne chance ; tandis que la chance peut ĂȘtre aussi bien mauvaise que bonne. HISTORIQUE XIIe s. ♩ Et j'atendrai.... Joie d'amour, se bon eĂŒr m'i maine, Couci, XIV XIIIe s. ♩ [Que] Dame Diex par sa grace lui renvoit bon eĂŒr, Berte, XLI ♩ Et miex vient de bon eĂŒr nestre, Qu'estre de bons [riches], c'est dit pieça, Lai de l'ombre XVe s. ♩ Et prioit moult gracieusement que chacun se peinast de bien faire la besogne et garder son bonheur, FROISS., I, I, 41 XVIe s. ♩ Paoures humains, qui bon heur attendez, RAB., Garg. I, 58 ♩ Si en allant en quelque voyage ils rencontrent une de ces bestes, ils le reputent de bon-heur, PARÉ, XXIII, 27 ♩ Le pays Ă  qui je dois Le bon-heur de ma naissance, RONS., 431 ÉTYMOLOGIE Bon et heur. L'Ă©tymologie, appuyĂ©e en cela par la synonymie, montre que le sens propre et primitif est bonne chance, et que le sens qui se rapproche de fĂ©licitĂ© est secondaire. SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE BONHEUR. - HIST. XVIe s. Ajoutez ♩ M'egarant par les champs, du bon-heur adressĂ©, Je decouvre Ă  mes pieds un jouvenceau blessĂ©, DESPORTES, Roland furieux. Difficile de trouver plus complet que cela ! Et pourtant nous pouvons dĂ©jĂ  y constater un fait dans le chef de l’homme le bonheur est souvent associĂ© Ă  la chance, Ă  la rĂ©ussite et cette derniĂšre Ă  l’argent, aux biens matĂ©riels oĂč Ă  la position sociale. C’est tellement vrai qu’un grand logiciel de traitement de texte livre, lorsqu’on fait appel Ă  ses cliparts », une multitude de ces derniers reprĂ©sentant des trĂšfles Ă  quatre feuilles, des billets de loterie ou de banque ! LittrĂ© le souligne trĂšs clairement Le sens propre et primitif est bonne chance, et le sens qui se rapproche de fĂ©licitĂ© est secondaire ». Or, dans les faits, le vrai bonheur ne tient pas pas du tout ! Ă  cela, et, contrairement Ă  une idĂ©e largement rĂ©pandue, non seulement l’argent ne fait pas le bonheur mais il n’y contribue pas non plus, du moins pas de maniĂšre absolue ou indispensable. Le vrai bonheur rĂ©side plutĂŽt dans la maxime Ă©picurienne carpe diem [3]», soulignĂ©e magistralement dans un film qui date » dĂ©jĂ  un peu le cercle des poĂštes disparus ». Je suis un homme heureux ! Pleinement heureux, tellement que parfois, aujourd’hui, j’ai envie de le dire, de le crier sur les toits, de le partager, de vous le partager ! Et tant pis pour ceux qui me prendront pour un doux dingue[4] ». Cela semblera peut-ĂȘtre paradoxal Ă  ceux qui croient connaĂźtre certains pans de mon existence il est vrai que j’ai traversĂ© des moments difficiles, et sans-doute en traverserai-je encore et surtout que j’en ai fait parfois sinon souvent fait subir, volontairement ou nom, les consĂ©quences Ă  d’autres. MĂȘme si, globalement, on peut Ă  ce propos me trouver des circonstances attĂ©nuantes », ces derniĂšres ne sont jamais des excuses. Mais l’objet de cette plaquette ne porte pas lĂ  dessus il s’agit de vous livrer des recettes » toutes simples, celles du vrai » bonheur
 Il y a quelques mois, j’étais devenu une Ă©pave, rongĂ©e par l’alcool. Et j’ai coulĂ© par le fond
 J’en Ă©tais victime et j’en Ă©prouvais une culpabilitĂ© et un dĂ©goĂ»t de moi-mĂȘme tels que j’ai, Ă  plusieurs reprises – et nombreuses furent celles dont personne ne put ni ne sut ĂȘtre tĂ©moin- de mettre un point final Ă  une existence qui m’était devenue insupportable. Aujourd’hui, l’épave est renflouĂ©e et surtout rĂ©armĂ©e. Elle navigue sur la haute mer de la vie, prĂȘte Ă  en affronter sereinement les inĂ©vitables tempĂȘtes, prĂȘte aussi Ă  donner de l’étrave » dans les glaces qui tenteraient de la stopper, pour s’y forcer un chenal ! Et ceci mĂȘme si elle ne se croit pas insubmersible comme le Titanic » un ratĂ© » est toujours possible, et j’en suis parfaitement conscient. La preuve en est que je connais personnellement des cas de pros » de la santĂ© ou de la santĂ© mentale mĂ©decin pĂ©diatre, mĂ©decin psychiatre, pasteur[5] ! qui sont passĂ©s Ă  l’acte dĂ©finitif du suicide[6] ! Tout simplement Quelques recettes J’ai optĂ© aujourd’hui rĂ©solument pour un rythme de vie qui soit le plus sain possible. En principe[7] je suis levĂ© et actif dĂšs sept heures du matin. Je me couche vers minuit et je lis pendant une bonne heure. Cette lecture peut ĂȘtre sĂ©rieuse » ouvrages spĂ©cialisĂ©s sur des sujets que je veux creuser, revues ou journaux d’info, cours
 ou plus futile » BD en tous genre avec une prĂ©dilection pour les auteurs de la Ligne Claire » comme HergĂ©, Jacobs , Franquin ou Peyo. Avant de m’endormir, je fais un bref rĂ©capitulatif mental de ma journĂ©e. Dans le temps on appelait parfois cela un examen de conscience ». J’évalue aussi, anticipativement ce que sera ma journĂ©e du lendemain, si je m’en tiens Ă  mes prĂ©visions qui ne sont jamais un absolu dont je deviendrais l’esclave, ni une sorte de toc [8]» qui s’insinuerait dans mon subconscient. Et comme je crois en Dieu, je le remercie de ma journĂ©e passĂ©e et lui confie ma nuit et le jour Ă  venir. Je m’intĂ©resse Ă  beaucoup de choses dans la mesure oĂč elles me construisent, m’apportent des plus » et me servent ou servent d’autres personnes dans le simple quotidien. Je suis pleinement conscient de vivre en tant que corps et en tant qu’esprit. Ce constat m’est chaque jour une source d’émerveillement, comme l’est la contemplation de la nature et celle de la crĂ©ation entiĂšre. Je bois Ă©normĂ©ment
d’eau ! Je ne bois absolument plus d’alcool sous quelque forme que ce soit sauf dans la vinaigrette !, j’ai aussi totalement et dĂ©finitivement cessĂ© de fumer et j’en constate chaque jours les bienfaits toujours plus grands et Ă©tonnants. Si je fais bien entendu appel Ă  la mĂ©decine dite classique pour me soigner, je m’intĂ©resse aussi de trĂšs prĂšs Ă  des mĂ©decines dites parallĂšles qui peuvent s’avĂ©rer complĂ©mentaire, voire aussi, sinon plus efficace dans certains cas. Je pense, par exemple Ă  l’aromathĂ©rapie[9]. Je fais beaucoup de marche Ă  pieds et de vĂ©lo. Sans doute parce que je suis actuellement sans voiture, ce qui ne m’est nullement un handicap lorsque j’en aurai une Ă  nouveau, je ne l’utiliserai qu’en cas de rĂ©el besoin et je continuerai Ă  user de mes jambes. Si ma jument n’était pas dĂ©cĂ©dĂ©e l’an dernier, je la remonterais volontiers ! Je prĂ©fĂšre passer pour un original, quitte Ă  faire rire, que de verser dans la conformitĂ© ou la banalitĂ©, source inĂ©puisable de ressentiments , de frustrations et de morositĂ©. Je suis conscient de ce que mon espĂ©rance de vie restante pourrait ĂȘtre assez courte[10], ce pourquoi je savoure pleinement chaque instant. Je mange de tout, mais Ă  heures fixes. J’évite le plus possible le grignotage. Je suis aussi capable, si je l’ai dĂ©cidĂ©, de jeuner au moins 24 heures. J’ai appris que l’autre Ă©tait toujours premier » je m’efforce d’en tenir compte le plus possible et je m’y intĂ©resse. L’opinion que l’on peut avoir de moi ne me touche pas, dans la mesure oĂč mon vĂ©cu est conforme Ă  ma conscience. J’ai appris aussi que l’agressivitĂ© Ă©tait une dĂ©fense souvent inadaptĂ©e, mĂȘme si elle tentait de rĂ©pondre Ă  une attaque bien rĂ©elle oĂč Ă  une injustice. Je m’efforce donc de me dominer et de conserver mon calme en toute situation. Ce qui ne signifie nullement que j’opte pour un profil bas je dis et j’exprime mon dĂ©saccord si c’est nĂ©cessaire. Mais je sais aussi maintenant, que celui qui m’agresse ne s’en prend pas Ă  ma personne mais Ă  un ou des aspects qu’il imagine en percevoir. Cela me permet de prendre un recul psychologique nĂ©cessaire pour conserver mon calme et envisager mon agresseur comme une victime », et donc un ĂȘtre Ă  accueillir avec bienveillance. Ceci dit, cette maniĂšre de voir n’engage que ma personne, et il est Ă©vident que je suis tout Ă  fait en mesure de me dĂ©fendre et surtout de dĂ©fendre les miens en cas d’agression dans ce cas, il s’agit, stricto sensu de lĂ©gitime dĂ©fense ». Aucun ĂȘtre humain quel qu’il soit de par ses diplĂŽmes ou sa position sociale » ne m’impressionne dans la mesure oĂč il n’est, fondamentalement, qu’un humain comme moi, avec ses failles et ses limites. Je ne supporte ni l’injustice, ni le mensonge, ni surtout les passe-droits » de quelque ordre qu’ils soient. Je suis particuliĂšrement sensible Ă  la souffrance et je fais tout mon possible pour la combattre. Je bĂ©nis le Seigneur chaque matin, trĂšs simplement, parce qu’il met devant moi une nouvelle journĂ©e. Je suis serein face Ă  l’idĂ©e de ma propre mort, qui surviendra forcĂ©ment un jour. J’envisage les possibilitĂ©s d’attĂ©nuer ce jour lĂ  la peine des miens, et, dans la mesure du possible, d’ĂȘtre encore utile. Le don de mes organes et de mon corps Ă  la science est devenu pour moi et mes proches une Ă©vidence qui contribue Ă  ma sĂ©rĂ©nitĂ©. Je ne suis ni un saint ni un parfait. Je suis pleinement conscient de mes failles et de mes limites, ce qui ne m’empĂȘche pas de tenter de les combattre, ni de m’efforcer de m’amĂ©liorer. Tout Ă©chec peut s’avĂ©rer une victoire dĂšs lors qu’il n’est pas subit mais qu’il est objectivement analysĂ© ! Je n’ai pas l’apanage du bonheur pour plagier une certaine publicitĂ© actuelle j’affirme qu’il est Ă  tout le monde » et surtout que chacun y a droit. J’affirme aussi qu’il est Ă  la portĂ©e de tous et ne rĂ©side ni dans la chance », ni dans l’argent, ni dans la possession de biens, ni dans la reconnaissance, ni dans le pouvoir si ce n’est celui que l’on doit exercer sur soi-mĂȘme. Certains diront tout cela est fort joli, mais cela demande du temps ! » C’est exact, et ce sera l’objet du paragraphe suivant. Auparavant, une toute derniĂšre chose, en guise de conclusion de ce premier paragraphe A l’heure oĂč j’écris ces lignes, je suis Pasteur. Mais comme le soulignait trĂšs justement un de mes confrĂšres lors d’une rĂ©union de pastorale » Ă  Bruxelles, Je ne me dĂ©finis pas comme tel !» Il s’agit pour moi d’un MinistĂšre littĂ©ralement un service qui relĂšve d’une vocation personnelle. AcadĂ©miquement parlant je suis thĂ©ologien. Mais ontologiquement, je me dĂ©finis d’abord et avant tout comme un humain, avec les mĂȘmes capacitĂ©s et les mĂȘmes limites que celles qui sont inhĂ©rentes Ă  cette nature, et, partant de lĂ , comme un citoyen jouissant des mĂȘmes droits et devoirs que n’importe quel citoyen de mon pays. A l'heure Ă  laquelle je publie ces lignes, je le fais aussi en tant que psychothĂ©rapeute, convaincu qu'elles pourront apporter un regain de courage et de joie Ă  quiconque en a besoin. Dans ces quelques pages, je livre volontairement quelques volets » de la sphĂšre privĂ©e de mon existence, dans la mesure oĂč je crois que cela peut aider d’autres personnes dans leur quĂȘte du bonheur » . Mais je considĂšre que, dans son ensemble, ma vie privĂ©e est absolument sacrĂ©e et que quiconque, en dehors d’un thĂ©rapeute, et pour des raisons clairement dĂ©finies par lui et acceptĂ©es par moi, tenterait d’y pĂ©nĂ©trer s’exposerait inĂ©luctablement Ă  affronter les moyens que la Loi met, en ce domaine, Ă  ma disposition de citoyen belge. Ceci est encore plus vrai et absolu en ce qui concerne la protection de la vie physique, psychologique et privĂ©e de mes proches. [1] je ne sers Ă  rien », ma vie n’a pas de sens », je suis inutile, de trop »  Autant d’appels discrets Ă  ne jamais nĂ©gliger. D’autre part, les TS » une centaine PAR JOUR en Belgique ! sont toujours alarmantes elles ne sont jamais anodines, finissent presque toujours par aboutir parfois par accident ! et ne sont jamais, contre des idĂ©es couramment reçues, des comĂ©dies » ! Il est aussi tout Ă  fait faux de croire et criminel de dire que ceux qui parlent de suicide ne passent jamais Ă  l’acte. Il est tout aussi vain de s’imaginer que l’on est totalement et dĂ©finitivement Ă  l’abri de ce risque ! Tous les humains sont concernĂ©s. [2] DĂ©finition tirĂ©e d’un logiciel gratuit gratuiciel librement diffusĂ© sur le Net Ă  l’adresse suivante . En envoyant un mail Ă  l’auteur, vous recevrez en retour l'Ă©dition Ă©lectronique complĂšte de ce monument de la langue Française qu’est le grand LittrĂ© », dans sa version intĂ©grale ! [3] LittĂ©ralement saisis le jour », c’est Ă  dire profite de l’instant prĂ©sent ». [4] Ou pire que cela ! Je sais que chez certains prĂ©tendus proches », les commentaires vont bon train. J’espĂšre , sans doute un peu naĂŻvement, que cet opuscule y mettra un certain terme, partant du fait connu et commun que, moins les gens savent, plus ils brodent et inventent ! [5] Je me permets de classer les Pasteurs du moins ceux qui ont suivi un cursus universitaire parmi les professionnels de la santĂ© mentale, dans la mesure oĂč ils sont appelĂ©s Ă  pratiquer une forme d’analyse sur des patients » qui se confient parfois Ă  eux en leur livrant de lourds secrets. C’est ce que dans le mĂ©tier nous appelons parfois encore du terme dĂ©suet de cure d’ñme », qui est trĂšs diffĂ©rent de la confession » aujourd’hui appelĂ©e sacrement de rĂ©conciliation chez les catholiques, dans la mesure oĂč elle est souvent plus spontanĂ©e et va souvent beaucoup plus loin, avec les consĂ©quences possibles pour le psychisme du thĂ©rapeute lui-mĂȘme, surtout si pour des raisons personnelles, il se trouve Ă  ce moment fragilisĂ© ! Je pense que tout ce qui gravite autour de la psychothĂ©rapie relĂšve du mĂ©tier Ă  risque », tant pour le patient que pour le praticien . [6] ne cherchez pas Ă  mettre des noms ou des visages » sur ces cas anonymes vous perdriez votre temps. S’il s’agit effectivement de gens qui ont fait partie de mon cercle relationnel Ă  un moment de mon existence, ce n’est ni dans une rĂ©gion proche, ni mĂȘme nĂ©cessairement en Belgique. [7] Je ne me prends pas pour superman », et il m’arrive parfois d’ĂȘtre plus fatiguĂ© ou de subir les contrecoups d’un coup de pompe ». Je n’éprouve alors aucun complexe Ă  dĂ©roger Ă  mon timing, en allant me coucher plus tĂŽt, et en me laissant dormir tout mon soĂ»l, mĂȘme si c’est jusqu’à midi ! Mais c’est trĂšs exceptionnel. [8] Trouble Obsessionnel Compulsif ». En clair, et pour faire court, il s’agit d’une attitude maniaque qui s’installe en nous Ă  notre insu pour pallier Ă  une angoisse et Ă  ses consĂ©quences. Un des tocs » les plus frĂ©quemment observĂ©s est celui du lavement des mains, ou l’obsession excessive de la propretĂ©. Il en est d’autres, frĂ©quents, qui ne sont pas pathologiques, voire qui sont passĂ©s dans le quotidien dit normal ainsi, le chiffre 13 », qui est trĂšs souvent sensĂ© porter malheur ne figurera jamais dans une rangĂ©e de fauteuils d’avion, ni comme N° de chambre dans un hĂŽtel ! Idem pour les gens qui Ă©vitent de passer sous une Ă©chelle ! Le Toc » n’est pathologique que lorsqu’il devient invalidant. [9] ATTENTION ! il ne s’agit absolument pas d’une mĂ©decine douce » comme on la prĂ©sente parfois. Outre le fait qu’un diagnostic ne peut et ne saurait ĂȘtre posĂ© que par un docteur en mĂ©decine, il ne s’agit pas non plus de faire n’importe quoi. Certaines huiles essentielles peuvent ĂȘtre dangereuses, voire mortelles ! [10] J’ai subi, le 12 mars 2008, une dĂ©compensation cardiaque, assortie d’un ƓdĂšme pulmonaire aigu des poumons. Une consĂ©quence partielle d’une insuffisance cardiaque du cƓur gauche la plus grave et un tableau clinique qui dĂ©bouche presque Ă  100% sur un diagnostic de mort. Un Ă©tat gĂ©nĂ©ral dĂ» Ă  une mauvaise hygiĂšne de vie alcool, tabac, abus de graisses, absence de sport consĂ©cutive Ă  une situation psychologique dĂ©faillante, engendrĂ©e par un deuil brutal et particuliĂšrement inacceptable et injuste, le dĂ©cĂšs de notre fils GaĂ«l, le 04 mars 2004, parti » brusquement Ă  vingt ans, des suites Ă©videntes confirmĂ©es par une premiĂšre autopsie de l’ingestion Ă  doses thĂ©rapeutiques prescrites de produits prescrits par un praticien imbĂ©cile et criminel. Si ma propre dĂ©gringolade » bĂ©nĂ©ficie donc bien d’une circonstance attĂ©nuante, ce n’est pas, comme je le souligne plus haut , une excuse. Le premier cardiologue qui m’a examinĂ© Ă  la clinique a Ă©tĂ© on ne peut plus brutal. Sur le moment, je lui en ai voulu, mais aujourd’hui je le comprends, mĂȘme si j’espĂšre qu’il ne se comporte pas toujours ainsi. Il m’a carrĂ©ment tenu ces propos votre cƓur est foutu, et mĂȘme si vous vous en sortez, ce ne sera pas pour longtemps » des propos repris de maniĂšre beaucoup plus tempĂ©rĂ©e par mon mĂ©decin traitant qui a avouĂ© n’avoir connu, en vingt ans de carriĂšre qu’un cas de survie dans un tel tableau clinique et qui cherche Ă  me rassurer en me disant qu’avec une bonne hygiĂšne de vie je peux encore espĂ©rer avoir une bonne dizaine d’annĂ©es devant moi. Personnellement, je sais que mes jours sont comptĂ©s d’ailleurs c’est vrai pour chacun de nous ! et l’idĂ©e de ma propre mort, si elle ne me laisse Ă©videmment pas indiffĂ©rent, ne m’impressionne pas, pas plus qu’elle ne m’obsĂšde ni ne m’inquiĂšte. Ce qui ne veut pas dire que, au moment ultime », je ne serai pas saisi d’une angoisse toute animale et naturelle ! j’ajouterai – et je crois que c’est trĂšs important- que cette sĂ©rĂ©nitĂ© que j’éprouve ne dĂ©pend pas de mes convictions religieuses, mais s’enracine dans une philosophie gĂ©nĂ©rale, relevant d’un Ă©tat d’esprit profond. Film ComĂ©die, France, 1995, 1h46Moins de 10 ansVFHDFrancis Bergeade, chef d'une petite entreprise de fabrication de lunettes de traverse une rude journĂ©e, qui pĂšse lourd sur ses Ă©paules fatiguĂ©es. Au milieu d'un repas, il est victime d'une crise cardiaque. Durant sa convalescence, il voit un reportage tĂ©lĂ©visĂ© qui l'amĂšne Ă  changer de vie...Avec Michel Serrault, Eddy Mitchell, Sabine AzĂ©ma, Carmen Maura, Eric Cantona, François Morel, Guilaine Londez, Virginie Darmon, Alexandra London, Christophe Kourotchkine, Jean Bousquet, JoĂ«l CantonaCritiques presseUne comĂ©die agrĂ©able sur le bonheur de vivre. 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Partie aux quatre coins de la France, Karine Le Marchand dĂ©couvre celles et ceux qui s'apprĂȘtent Ă  partager leur quĂȘte amoureuse. Lire la suite Voir en replay sur 6Ter Quelques mois aprĂšs une saison 16 riche de six nouvelles idylles, treize nouveaux coeurs Ă  prendre se lancent Ă  leur tour dans la grande aventure "L'amour est dans le prĂ©" ! Partie aux quatre coins de la France, Karine Le Marchand dĂ©couvre celles et ceux qui s'apprĂȘtent Ă  partager leur quĂȘte amoureuse. Ce programme ne peut pas ĂȘtre ajoutĂ© pour le moment L'amour est dans le prĂ© Les portraits Ă©pisode 2, partie 2 Parmi les candidats de cette nouvelle saison de "L'amour est dans le prĂ©", il y a notamment NoĂ©mie. Cette jeune femme de 25 ans, originaire de la rĂ©gion Bourgogne Franche-ComtĂ©, est cĂ©rĂ©aliĂšre et Ă©leveuse de vaches. SĂ©bastien, originaire de Corse, recherche une compagne fidĂšle et souhaite mĂȘme se marier Lire la suite Voir en replay sur M6 Parmi les candidats de cette nouvelle saison de "L'amour est dans le prĂ©", il y a notamment NoĂ©mie. Cette jeune femme de 25 ans, originaire de la rĂ©gion Bourgogne Franche-ComtĂ©, est cĂ©rĂ©aliĂšre et Ă©leveuse de vaches. SĂ©bastien, originaire de Corse, recherche une compagne fidĂšle et souhaite mĂȘme se marier Ce programme ne peut pas ĂȘtre ajoutĂ© pour le moment L'amour est dans le prĂ© Les portraits Ă©pisode 2, partie 1 Quelques mois aprĂšs une saison 16 riche de six nouvelles idylles, treize nouveaux coeurs Ă  prendre se lancent Ă  leur tour dans la grande aventure "L'amour est dans le prĂ©" ! Partie aux quatre coins de la France, Karine Le Marchand dĂ©couvre celles et ceux qui s'apprĂȘtent Ă  partager leur quĂȘte amoureuse. 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